11/04/2026
Fables (Jean de La Fontaine)

Présentation de l'ouvrage
Quand on parle des Fables de La Fontaine, on parle en réalité de trois recueils de Jean de La Fontaine publiés respectivement en 1668, 1678 et 1694, dont le titre indique tout de suite le genre.
Les Fables regroupent 243 fables allégoriques, majoritairement inspirées d'Ésope, mais aussi de Babrius et Phèdre. Jean de La Fontaine fait porter à ses fables des morales qui sont soit explicites au début ou à la fin soit implicites. Il y met en scène des animaux anthropomorphes.
Bien qu'il s'inspire d'Ésope, Jean de La Fontaine rompt avec les traditions ésopique, mais aussi humaniste et évangélique. Ici, c'est l'esprit plus que le style qui se veut didactique.
Premier recueil (1668) : livres I à VI, dédié au Dauphin.
Deuxième recueil (1678 et 1679) : livres VI à XI (en deux volumes), dédié à Madame de Montespan.
Troisième recueil (1693 suite à une grave maladie, et réédité dès 1694, quelques mois après la mort de l'auteur) : livre XII, dédié au duc de Bourgogne.
Quatrième de couverture
Les Fables occupent une place singulière dans notre mémoire : par le souvenir que nous gardons de ces poèmes devant lesquels nous sommes restés enfants, mais aussi par la grâce de tant de vers devenus proverbiaux et que notre parole quotidienne fait renaître. Et tout se passe comme si une correspondance secrète se maintenait de siècle en siècle entre ces Fables et l'identité de notre pays comme de notre langue.
Le premier recueil paraît en 1668, et le second dix ans plus tard. Le succès est immense et les poèmes, alors, appartiennent pleinement à leur temps : la France du règne de Louis XIV. Mais le mystère de leur pouvoir est de s'émanciper très vite de cet environnement immédiat, d'éclairer nos réalités successives, d'allier de manière toujours éclatante le particulier et l'universel. Dans cette « comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers », le texte se dérobe à toute signification définitive. Mais La Fontaine, à chaque page, nous convainc que la poésie, à ses yeux, demeure instrument de connaissance : il existe une beauté du savoir - et nous ne cessons pas de la retrouver en lui.
[Le Livre de Poche]
Mon avis
28/02/2026
Quel plaisir de replonger dans notre enfance à travers les Fables de la Fontaine, et surtout d'en découvrir de nouvelles.
Cela est fascinant de voir comment les Fables sont faites de façon à s'adresser à un double public : enfant et adulte.
C'est drôle, ingénieux... que dire de plus ?
J'ai un peu moins aimé le douzième livre (enfin, j'ai aimé, mais moins que le reste), et toutes les Fables ne m'ont pas autant marquée, mais ce fut un plaisir de m'y replonger !
On entre avec la Cigale et la Fourmi, en terrain connu, on en découvre, on remarque que certaines ne nous étaient pas inconnues, mais qu'on ne le savait pas...
J'ai également adoré les petits passages où La Fontaine s'explique sur certains choix par rapport à Ésope.
Bref, allez lire ça !

Quelques citations
« Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos »
— Livre premier : XXII – Le Chêne et le Roseau
« Hélas ! on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands. »
— Livre deuxième : IV – Les deux Taureaux et une Grenouille
« Chacun se dit ami ; mais fol qui s'y repose :
Rien n'est plus commun que ce nom,
Rien n'est plus rare que la chose. »
— Livre quatrième : XVII – Parole de Socrate
« J'oppose quelquefois par une double image,
Le vice et la vertu, la sottise au bon sens,
Les Agneaux aux Loups ravissants,
La Mouche à la Fourmi, faisant de cet ouvrage
Une ample comédie à cent ates divers,
Et la scène est l'Univers. »
— Livre cinquième : I – Le Bûcheron et Mercure
